FAQ/Lexique
Je suis un patient
La question à se poser est de savoir si l’on est couvert par l’assurance accidents obligatoire (LAA) ou non. C’est le régime normal des personnes salariées. Dans ce cas, c’est l’assurance accident de votre employeur qui va prendre en charge les frais de traitement. C’est également cette assurance qui versera aussi des indemnités journalières sur la durée du traitement, et dont le montant est en fonction du salaire assuré et du taux d’incapacité de travail. Lorsque l’on n’est pas couvert par l’assurance accident obligatoire (mineurs, retraités, personnes sans activité lucrative), c’est la caisse maladie qui prendra en charge les frais de traitement. Quant à la perte de gain, il n’existe aucune couverture au niveau des assurances sociales, à part l’assurance invalidité lorsque l’accident entraîne une incapacité de gain de longue durée.
En premier lieu, il est important de savoir si un tiers (une personne ou une entreprise) est responsable de l’accident, c’est-à-dire a commis une faute, que ce soit un acte illicite ou une négligence. Parfois les faits ne sont connus qu’en partie (par exemple lorsqu’on a perdu connaissance, ou lorsqu’on ne sait pas si des mesures de sécurité ont été respectées. Dans le doute, il faut songer à déposer une plainte pénale pour lésions corporelles: la police et l’appareil judiciaire disposent en effet de larges moyens d’investigations qui vont bien au-delà des possibilités de tout un chacun. L’enquête permettra alors, autant que possible, d’établir si un tiers porte une responsabilité dans l’accident. Une procédure civile peut également conduire à obtenir la constatation de la responsabilité. En tout cas, il faut avoir à l’esprit que l’écoulement du temps est très important, et qu’il convient d’agir vite. Aussi, le recours à un(e) spécialiste du droit est fortement recommandé, surtout si le tiers conteste sa responsabilité.
La responsabilité civile implique une réparation du préjudice subi. Cette réparation peut aller au-delà de la couverture des assurances sociales, d’où son importance, puisqu’elle touchera tous les aspects du dommage corporel: le traitement, la perte de gain, le tort moral. Dans le cadre des brûlures, le dommage est souvent très important (cela peut facilement atteindre plusieurs centaines de milliers de francs), de sorte que la plupart du temps, c’est avec l’assurance de responsabilité civile – s’il en existe une – qu’il faudra s’adresser. Souvent, l’obtention de l’indemnisation prend beaucoup de temps (plusieurs années), et dans un premier temps ce seront les assurances sociales qui interviendront. Lorsque c’est le cas, elles factureront elles-mêmes leurs prestations contre le tiers responsable. Le recours à un(e) spécialiste du droit est presque indispensable et, dans les cas délicats, l’assurance responsabilité civile peut être tenue de le payer immédiatement.
Lorsque le traitement ne permet plus une guérison suffisante pour reprendre le travail à long terme, il se présente un cas d’invalidité. Si vous êtes soumis à l’assurance accidents, cette assurance vous enverra auprès de l’office de l’assurance invalidité pour tenter un reclassement professionnel. Sinon, votre médecin vous invitera, en temps utile, à déposer une demande auprès de l’office compétent. Si le reclassement n’est pas possible, alors une rente entière ou partielle d’assurance invalidité sera octroyée. Lorsqu’on est salarié, cette rente qui assure au mieux le minimum vital sera complétée par une rente d’assurance accidents, puis encore complétée selon les cas par une rente de l’institution de prévoyance professionnelle. A noter encore que l’assurance accidents peut être amenée à octroyer une indemnité pour atteinte à l’intégrité corporelle en cas de perte de fonction d’un membre ou d’un organe.
Que l’on soit couvert par l’assurance accidents ou non, lorsqu’il existe un tiers responsable, celui-ci sera responsable de la perte de gain future prévisible. Contrairement aux rentes des assurances sociales qui se fondent sur le gain assuré (soit le gain qu’on réalisait avant l’accident), l’indemnisation civile inclut la perte du gain probable, y compris les espérances d’augmentation de gain future (pour un étudiant par exemple). En outre, cette indemnisation est souvent octroyée en capital et non sous forme de rente. De plus, un capital peut également être versé pour le tort moral.
Oui, c’est fréquent.
Après une brûlure, la douleur peut persister même lorsque la peau semble cicatrisée. Il existe plusieurs types de douleurs. Celles liées aux soins, notamment lors des pansements. Celles liées à l’inflammation pendant la cicatrisation. Et parfois des douleurs nerveuses, plus diffuses, décrites comme des brûlures ou des décharges. Les démangeaisons peuvent aussi être très intenses et difficiles à supporter.
Ces douleurs ne doivent pas être ignorées. Elles font partie du processus, mais elles doivent être prises en charge activement.
Le traitement repose sur plusieurs éléments. Des médicaments adaptés, ajustés selon l’évolution. Des techniques de soins spécifiques pour limiter la douleur lors des pansements. Un suivi régulier pour anticiper les phases plus difficiles. Et, dans certains cas, des approches complémentaires pour améliorer le confort au quotidien.
Ce qui compte, c’est d’agir tôt. Une douleur mal prise en charge peut s’installer dans la durée et devenir plus difficile à traiter.
En résumé, avoir mal après une brûlure est fréquent. Mais ce n’est jamais quelque chose à subir sans accompagnement.
En Suisse, la prise en charge dépend avant tout de l’origine de la brûlure. C’est cet élément qui détermine le type d’assurance mobilisée et le niveau de couverture.
Lorsque la brûlure est liée à un accident, l’assurance accident entre en jeu, le plus souvent via SUVA ou une autre assurance LAA. Dans ce cadre, la couverture est étendue. Les soins médicaux et infirmiers sont pris en charge sans franchise ni quote-part. En cas d’incapacité de travail, des indemnités journalières sont versées. Si des séquelles persistent, des prestations complémentaires peuvent être accordées, sous forme de rentes ou d’indemnités.
Lorsque la brûlure n’est pas reconnue comme un accident, la prise en charge relève de l’assurance maladie de base, régie par la LAMal. Les soins, y compris à domicile, sont remboursés à condition d’être prescrits par un médecin. Une franchise annuelle s’applique, suivie d’une quote-part de 10 % jusqu’au plafond légal. Selon la situation et le canton, certains coûts peuvent rester à la charge de la personne concernée.
En complément, d’autres formes de soutien peuvent être mobilisées. Les assurances complémentaires peuvent couvrir une partie des frais non pris en charge par l’assurance de base, en fonction du contrat. Les services sociaux cantonaux peuvent intervenir en cas de difficultés financières, notamment à travers l’aide sociale ou des prestations complémentaires. Si la brûlure entraîne des limitations durables, l’assurance invalidité peut proposer des mesures de réadaptation, un accompagnement à la réinsertion professionnelle ou, dans certains cas, une rente.
Enfin, des associations spécialisées peuvent offrir un soutien ponctuel, qu’il soit financier ou administratif, comme Association Flavie. Leur rôle est souvent déterminant pour orienter les démarches et faciliter l’accès aux aides existantes.
La sortie de l’hôpital marque une transition. Elle ne correspond pas à la fin des soins, mais au passage vers une prise en charge différente, souvent à domicile.
Cette sortie est en général préparée en amont avec l’équipe médicale et les infirmières de liaison. Une évaluation est réalisée afin de déterminer si un retour à domicile est possible dans de bonnes conditions ou si une structure intermédiaire, comme un centre de réadaptation, est plus adaptée. Lorsque le retour à domicile est envisagé, l’organisation des soins est mise en place avant même la sortie.
Un cadre médical précis est alors transmis. Il comprend les prescriptions pour les soins, les traitements médicamenteux, les consignes de surveillance ainsi que les rendez-vous de suivi. Le médecin traitant est informé afin d’assurer la continuité du suivi.
Si des soins sont nécessaires, un service de soins à domicile, comme APAD ou une structure privée, prend le relais. Ces interventions incluent notamment les pansements, le suivi de la cicatrisation, la gestion de la douleur et l’accompagnement dans les activités du quotidien. Les soins sont réalisés sur prescription médicale et pris en charge selon le régime d’assurance applicable.
En parallèle, un suivi médical régulier est maintenu. Il peut inclure des consultations spécialisées, notamment en chirurgie ou en dermatologie, ainsi que des contrôles avec le médecin traitant. Dans certaines situations, une rééducation ou un accompagnement spécifique peut être nécessaire sur une plus longue durée.
La phase qui suit la sortie est une période active de récupération. Elle demande un ajustement progressif entre les soins, le retour à l’autonomie et l’adaptation à la vie quotidienne. Le parcours n’est pas figé. Il évolue en fonction de l’état de santé, des besoins et de la capacité de récupération.
La qualité de la coordination entre les différents intervenants est déterminante. Une prise en charge continue, sans rupture entre l’hôpital, les soins à domicile et le suivi médical, permet de limiter les complications et de favoriser une récupération optimale.
La durée de récupération après une brûlure varie fortement selon la profondeur de la brûlure, les zones touchées et l’état de santé général. Il n’existe pas de délai standard. Certaines brûlures superficielles cicatrisent en quelques semaines, tandis que des brûlures plus profondes nécessitent plusieurs mois, voire des années de suivi.
La cicatrisation visible n’est qu’une étape. Après la fermeture de la peau, le processus continue. La peau reste fragile, sensible et sujette à des tiraillements ou à des douleurs. Des soins réguliers sont souvent nécessaires, notamment pour hydrater la peau, masser les cicatrices et prévenir les complications.
Au quotidien, cette période implique des ajustements. Les soins peuvent être fréquents et parfois contraignants. La fatigue est courante, en particulier dans les premières phases. Certaines activités doivent être limitées ou adaptées, en fonction des zones atteintes. Le retour à une routine habituelle se fait progressivement.
Dans certains cas, des traitements complémentaires sont nécessaires. Il peut s’agir de physiothérapie pour préserver la mobilité, ou de suivi spécialisé pour améliorer l’aspect et la souplesse des cicatrices. Un accompagnement psychologique peut également être utile, car l’impact d’une brûlure dépasse souvent le cadre physique.
La récupération ne suit pas une ligne droite. Elle évolue par phases, avec des progrès et parfois des périodes plus difficiles. Un suivi régulier et coordonné permet d’ajuster les soins et de soutenir une reprise progressive de l’autonomie.
L’objectif reste constant. Permettre un retour à une vie aussi stable et autonome que possible, en tenant compte des éventuelles séquelles.
Une brûlure ne se limite pas aux conséquences physiques. L’impact sur l’image de soi, la confiance et les relations sociales est fréquent et peut durer dans le temps. Cet aspect fait partie intégrante du parcours de récupération et nécessite un accompagnement adapté.
Plusieurs professionnels peuvent intervenir. Les psychologues ou psychiatres offrent un espace pour travailler sur le traumatisme, l’acceptation des changements corporels et la gestion du regard des autres. Cet accompagnement peut être proposé à l’hôpital, en cabinet ou parfois dans le cadre des soins à domicile, sur prescription médicale.
Les équipes spécialisées en réadaptation jouent également un rôle clé. Elles intègrent souvent une approche globale qui inclut le soutien psychologique, en lien avec les soins physiques et la réinsertion dans la vie quotidienne.
Les associations apportent une dimension différente. Elles permettent d’échanger avec des personnes ayant vécu une situation similaire, de partager des expériences concrètes et de sortir de l’isolement. En Suisse, des structures comme Association Flavie proposent un accompagnement, des groupes de parole ou des ressources adaptées.
Enfin, l’entourage proche a un rôle important, mais il ne remplace pas un accompagnement structuré. Le regard des autres peut être difficile à gérer sans outils adaptés. Être accompagné permet de reprendre progressivement confiance et de retrouver une place dans les interactions sociales.
Cet accompagnement n’est pas secondaire. Il conditionne en grande partie la capacité à se reconstruire sur la durée.
Après la phase de soins médicaux, certaines approches complémentaires peuvent être proposées pour accompagner la récupération. Elles ne remplacent pas les traitements, mais interviennent en complément pour améliorer le confort, l’image de soi et la qualité de vie.
Les cures thermales peuvent être indiquées dans certaines situations. Elles utilisent des eaux spécifiques pour apaiser la peau, améliorer la souplesse des cicatrices et réduire certaines douleurs ou démangeaisons. Elles sont généralement proposées sur recommandation médicale et s’intègrent dans un parcours de réadaptation.
Des approches comme la sophrologie ou l’art-thérapie apportent un soutien différent. La sophrologie aide à mieux gérer la douleur, le stress et les émotions liées à l’accident. L’art-thérapie offre un espace d’expression qui peut faciliter le travail autour du traumatisme et du rapport au corps.
Le tatouage médical, aussi appelé dermopigmentation, peut être envisagé à distance de la brûlure, une fois la cicatrisation stabilisée. Il permet d’atténuer visuellement certaines cicatrices ou de reconstruire des zones comme les sourcils. Cette démarche a un impact important sur l’image de soi et la reconstruction personnelle.
Je suis un proche
L’enfant, en tant que lésé, aura les mêmes droits que l’adulte, mais sera simplement représenté par ses parents. En revanche, les parents sont souvent eux-même directement lésés par l’accident: nombreux congés rendus nécessaires pour véhiculer l’enfant, troubles psychiques réactionnels, etc. Par conséquent, ils pourront faire également valoir des dommages-intérêts tels que frais de transport, soutien psychologique, ainsi que tort moral. Là encore, le recours à un(e) spécialiste du droit s’avère rapidement nécessaire.
Aider ne consiste pas à en faire plus. Cela consiste à faire juste.
Dans les premières phases, le rôle principal est d’assurer une présence stable. Une brûlure provoque une rupture brutale, physique et psychologique. Le proche devient souvent un point de repère. Être présent, disponible et cohérent dans les échanges permet de réduire l’isolement et l’anxiété.
L’aide passe aussi par des actions concrètes. Il peut s’agir d’accompagner aux rendez-vous médicaux, de faciliter l’organisation du quotidien ou de soutenir dans les démarches administratives. Le système de soins et d’assurances en Suisse est complexe. Un proche impliqué peut éviter des retards ou des erreurs qui compliquent la situation.
Il est également essentiel de respecter le rythme de la personne concernée. Certaines phases nécessitent du soutien actif, d’autres davantage de distance. Vouloir aller trop vite, minimiser la douleur ou imposer une vision positive peut produire l’effet inverse.
Sur le plan relationnel, la question du regard est centrale. La personne brûlée peut se sentir exposée, jugée ou différente. Le rôle du proche est de maintenir une relation normale, sans surprotection ni évitement. Cela demande de trouver un équilibre entre soutien et respect de l’autonomie.
Enfin, il ne faut pas négliger ses propres limites. Accompagner une personne brûlée peut être exigeant sur la durée. Chercher du soutien auprès de professionnels ou d’associations comme Association Flavie permet de mieux comprendre la situation et d’agir de manière adaptée.
Aider, c’est donc structurer un environnement stable, sans se substituer à la personne, et sans se perdre soi-même dans le processus.
Parler d’une brûlure est souvent délicat. Le réflexe est de protéger, donc de minimiser ou d’éviter le sujet. Le silence crée plus d’angoisse que la réalité.
Avec les enfants, la règle est simple. Dire la vérité, avec des mots adaptés à leur âge. Il n’est pas nécessaire d’entrer dans les détails médicaux, mais il est important d’expliquer ce qui s’est passé, ce qui change et ce qui va se passer ensuite. Les enfants perçoivent les tensions. Sans explication, ils imaginent souvent pire.
Il est aussi utile de préparer les enfants à ce qu’ils vont voir. Les cicatrices, les pansements ou les changements physiques peuvent surprendre. Les anticiper permet d’éviter un choc ou une réaction de rejet. L’objectif n’est pas de banaliser, mais de rendre la situation compréhensible.
Avec l’entourage, l’enjeu est différent. Il s’agit de poser un cadre. Tout le monde n’a pas besoin de tout savoir. Il est possible de donner des informations simples et claires, sans entrer dans des explications détaillées. Cela permet d’éviter les maladresses, les questions intrusives ou les interprétations.
Le point central reste le respect de la personne concernée. C’est à elle, dans la mesure du possible, de définir ce qu’elle souhaite partager. Le rôle du proche est d’accompagner cette décision, pas de parler à sa place.
En Suisse, le statut de proche aidant existe dans les faits, mais il reste peu structuré financièrement. Il ne faut pas s’attendre à un système unique ou automatique. Les aides existent, mais elles sont fragmentées et dépendent fortement de la situation.
Lorsqu’une personne aidée bénéficie de l’assurance invalidité, une contribution d’assistance peut être accordée. Elle permet de rémunérer une aide pour les actes du quotidien. Dans certains cas, un proche peut être engagé et indemnisé dans ce cadre, sous conditions strictes.
Du côté de l’assurance maladie, les soins à domicile prescrits sont pris en charge, mais cela ne rémunère pas directement le proche. En revanche, certaines communes ou cantons proposent des soutiens financiers ou des allocations pour proches aidants. Ces dispositifs varient selon le lieu de résidence et nécessitent souvent une demande active auprès des services sociaux.
Si la personne aidée perçoit des prestations complémentaires à l’AVS ou à l’AI, une partie des frais liés à l’accompagnement peut être couverte. Cela inclut parfois des frais indirects liés au maintien à domicile.
Il existe aussi un congé pour proches aidants au niveau fédéral. Il permet de s’absenter temporairement du travail pour s’occuper d’un membre de la famille. Ce congé est limité dans le temps et partiellement indemnisé selon les situations.
Se sentir dépassé dans un rôle de proche aidant est fréquent. Cela ne traduit pas un manque de capacité, mais une situation exigeante qui s’inscrit dans la durée. La réponse ne consiste pas à gérer seul plus longtemps, mais à activer rapidement les bons relais.
Le premier niveau reste les professionnels déjà impliqués. Le médecin traitant ou les équipes de soins à domicile peuvent réévaluer la situation, ajuster l’organisation et orienter vers des ressources adaptées. Ils ont une vision globale et peuvent identifier les points de rupture avant qu’ils ne s’aggravent.
Les services d’aide et de soins à domicile, comme APAD, ne se limitent pas aux soins techniques. Ils peuvent aussi proposer un accompagnement, du conseil et, dans certains cas, des solutions de relève pour alléger la charge.
Les services sociaux communaux ou cantonaux constituent un autre point d’appui. Ils peuvent évaluer la situation, orienter vers des aides concrètes et faciliter l’accès à des soutiens financiers ou organisationnels. Leur rôle est souvent sous-utilisé alors qu’ils permettent de structurer la prise en charge.
Les associations spécialisées offrent un espace différent. Elles permettent de parler librement, d’obtenir des conseils pratiques et de rencontrer des personnes confrontées aux mêmes réalités. Des structures comme Flavie proposent un accompagnement adapté aux situations de brûlure.
Je suis du personnel soignant
L’implication émotionnelle est inévitable dans la prise en charge des patients brûlés. Ces situations confrontent à la douleur, à des parcours longs, à des transformations physiques marquantes. Il est normal d’être touché. Chercher à ne rien ressentir n’est ni réaliste ni souhaitable.
Ce qui peut devenir difficile, c’est lorsque cette implication prend trop de place. Le lien avec le patient peut s’intensifier au fil du temps, surtout dans un contexte de soins répétés. Il peut y avoir un sentiment de responsabilité, parfois même une forme d’attachement. Sans repères, cela peut entraîner de la fatigue émotionnelle, une impression de ne jamais en faire assez, ou une difficulté à prendre du recul.
L’enjeu n’est pas de créer de la distance froide, mais de trouver une position juste. Être présent, à l’écoute, engagé dans les soins, tout en gardant une limite intérieure. Le soignant n’est pas seul face à la situation. Le travail en équipe permet de partager les observations, mais aussi ce qui est ressenti. Mettre des mots sur ce qui se vit, même de manière informelle, aide à éviter que la charge ne s’accumule.
Il est aussi important d’accepter que certaines situations marquent davantage. Certains patients, certaines histoires restent en tête. Cela fait partie du métier. Ce qui compte, c’est de ne pas rester seul avec cela. Les espaces de supervision, d’échange ou de soutien existent pour cela, même s’ils sont parfois peu utilisés.
Avec le temps, chacun construit ses propres repères. Une manière d’être présent sans se perdre. Ce n’est pas immédiat. C’est un équilibre qui se développe avec l’expérience, et qui mérite d’être soutenu, au même titre que les compétences techniques.
Un événement comme l’incendie de Crans-Montana du 1er janvier 2026 expose les soignants à une charge exceptionnelle. L’afflux de victimes, la gravité des situations, la pression des décisions à prendre rapidement. Sur le moment, tout s’enchaîne. Les automatismes prennent le dessus. Il faut agir, tenir, avancer.
C’est souvent après que l’impact apparaît. Une fois la phase aiguë passée, certaines images restent. Des scènes reviennent sans prévenir. La fatigue ne disparaît pas complètement. Il peut aussi y avoir un sentiment d’impuissance, lié à ce qui n’a pas pu être évité ou changé. Ces réactions sont normales. Elles correspondent à une situation qui sort du cadre habituel du soin.
Le risque est de banaliser ou de garder cela pour soi. Reprendre le rythme comme si rien ne s’était passé peut fonctionner sur le moment, mais laisse la charge s’installer dans la durée.
Les échanges au sein des équipes sont essentiels. Parler, partager, mettre des mots permet de redonner du sens et de ne pas rester seul avec ce qui a été vécu. Dans certains cas, un accompagnement plus structuré est nécessaire. Y recourir ne remet pas en cause les compétences. Cela fait partie de la capacité à tenir dans le temps.
Des ressources existent aussi en dehors des structures de soins. Des associations comme Flavie s’adressent également aux professionnels. Elles offrent un espace pour déposer ce qui a été vécu et prendre du recul.
Lexique
Cette page regroupe les principaux termes utilisés lorsque l’on parle de brûlures, de cicatrices et de leur prise en charge.
L’objectif est d’expliquer, avec des mots simples mais précis, le vocabulaire que vous pouvez rencontrer lors d’une hospitalisation, d’une consultation ou en lisant des informations sur les brûlures.
Ce lexique s’adresse à toute personne concernée par une brûlure, patient, proche, professionnel ou simple visiteur et ne remplace pas la discussion avec l’équipe soignante. N’hésitez pas à poser vos questions aux professionnels qui vous entourent, tel que votre médecin, infirmier-ères à domicile, physiothérapeutes etc…
Art‑thérapie
Approche thérapeutique qui utilise des moyens artistiques (dessin, peinture, collage, modelage, écriture, musique, etc.) pour aider à exprimer des émotions, raconter son vécu et reconstruire son identité après un événement difficile comme une brûlure. Elle ne vise pas la « performance artistique », mais le bien‑être, la mise en mots (ou en images) de l’expérience et le soutien du processus de guérison psychique.
Auto-massage
Technique simple que la personne apprend à pratiquer chez elle pour masser ses cicatrices avec une crème hydratante ou une huile. Ce geste quotidien aide à assouplir la peau, diminuer les démangeaisons et prévenir les rétractions, sous réserve d’avoir été bien enseigné par un·e physiothérapeute.
Brûlure
Atteinte de la peau et parfois des tissus plus profonds, provoquée par la chaleur, un produit chimique, l’électricité ou certaines radiations (par exemple le soleil ou la radiothérapie). La gravité dépend de la profondeur et de l’étendue de la brûlure.
Brûlure du 1er degré
Brûlure superficielle qui touche uniquement la couche la plus externe de la peau. Elle se manifeste par une rougeur, une douleur et l’absence de cloques, comme un coup de soleil simple. Elle guérit en général sans cicatrice.
Brûlure du 2e degré superficiel
Brûlure qui atteint une couche plus profonde de la peau (le derme superficiel). Elle entraîne des rougeurs, des cloques remplies de liquide et une douleur souvent intense. Avec des soins adaptés, la peau peut cicatriser sans séquelle importante ou avec des cicatrices discrètes.
Brûlure du 2e degré profond
Brûlure qui pénètre plus profondément dans le derme. La zone peut être pâle, marbrée, moins douloureuse car certaines terminaisons nerveuses sont atteintes. Le risque de cicatrices épaisses et de rétractions est élevé, et une prise en charge spécialisée est souvent nécessaire.
Brûlure du 3e degré
Brûlure très profonde, qui détruit toute l’épaisseur de la peau, parfois jusqu’aux tissus sous‑jacents (graisse, muscles). La peau peut paraître blanche, brune ou noire, dure ou cartonnée, souvent peu douloureuse localement car les nerfs sont détruits. Un traitement chirurgical (greffes, etc.) est presque toujours nécessaire.
Brûlure thermique
Brûlure causée par une source de chaleur (flamme, liquide bouillant, vapeur, objet chaud, parfois froid extrême). C’est le type de brûlure le plus fréquent dans la vie quotidienne.
Brûlure chimique
Brûlure provoquée lorsqu’un produit chimique (acide, base, produit industriel ou ménager) attaque la peau ou les yeux. Le produit peut continuer à provoquer des dégâts tant qu’il n’est pas éliminé, d’où l’importance d’un rinçage rapide et prolongé.
Brûlure électrique
Brûlure provoquée par le passage d’un courant électrique dans le corps. Les lésions visibles peuvent sembler limitées, alors que les tissus internes (muscles, nerfs, cœur) peuvent être fortement atteints. Une surveillance médicale est indispensable.
Cicatrice
Tissu qui remplace la peau normale après une blessure ou une brûlure. Son aspect (couleur, épaisseur, souplesse) et ses symptômes (douleur, démangeaisons) peuvent varier beaucoup selon la gravité initiale et la localisation.
Cicatrice hypertrophique
Cicatrice épaissie, rouge, en relief, qui reste limitée à la zone de la plaie d’origine. Elle peut démanger et parfois faire mal. Elle a tendance à évoluer au fil du temps et peut s’améliorer grâce à des traitements comme les pansements compressifs, les massages, ou certains traitements médicaux.
Cicatrice chéloïde
Cicatrice très volumineuse et en relief qui déborde largement les bords de la plaie de départ. Elle peut être douloureuse ou prurigineuse (démangeaisons). Sa prise en charge est souvent plus complexe et nécessite des traitements spécialisés.
Cloque (phlyctène)
Bulle remplie de liquide qui apparaît après une brûlure ou un frottement. Elle correspond à un décollement des couches de la peau. On recommande en général de ne pas la percer soi‑même pour limiter le risque d’infection, sauf avis médical contraire.
Compression (vêtements ou bandages compressifs)
Technique qui consiste à appliquer une pression continue sur une zone cicatricielle à l’aide de vêtements sur mesure, de manchons, de gants ou de bandages élastiques. Elle est utilisée après certaines brûlures pour limiter l’épaississement des cicatrices, réduire les démangeaisons et améliorer la souplesse de la peau, souvent pendant plusieurs mois.
Détersion
Nettoyage approfondi d’une plaie ou d’une zone brûlée pour retirer les tissus morts ou contaminés. Ce geste, parfois réalisé en salle de soins ou au bloc opératoire, favorise une meilleure cicatrisation et limite le risque d’infection.
Douleur neuropathique
Douleur liée à une atteinte des nerfs (par exemple après une brûlure profonde ou une cicatrice). Elle peut se traduire par des brûlures, des décharges électriques, des picotements ou une hypersensibilité au toucher, même si la peau paraît «normale».
Épiderme
Couche la plus superficielle de la peau, celle que l’on voit. C’est cette couche qui est atteinte dans les brûlures du 1er degré.
Escharrotomie
Intervention chirurgicale consistant à inciser la peau lorsqu’une brûlure est très épaisse et rigide et qu’elle comprime un membre ou le thorax empêchant le sang le sang de circuler correctement. L’objectif est de restaurer une bonne circulation sanguine ou de permettre au thorax de se dilater correctement lors de la respiration.
Greffe de peau (autogreffe)
Technique chirurgicale où l’on prélève de la peau saine sur une partie du corps (zone donneuse) pour la poser sur une zone brûlée qui ne peut pas cicatriser seule. La greffe peut être mince, moyenne ou épaisse selon la profondeur de la lésion et l’objectif fonctionnel et esthétique.
Grand brûlé
Personne présentant des brûlures étendues (>20% de la surface corporelle totale chez l’adulte et >10% chez l’enfant), profondes, ou situées sur des zones particulièrement sensibles (visage, mains, périnée, voies respiratoires, etc.). Ces situations nécessitent une prise en charge dans une unité ou un centre spécialisé des brûlés.
Hypoderme
Couche profonde de la peau, riche en graisse et en vaisseaux sanguins. Quand la brûlure atteint cet étage, il s’agit d’une brûlure profonde, avec un risque élevé de séquelles cicatricielles.
Hypersensibilité/hyposensibilité
Altération de la sensibilité d’une zone brûlée ou cicatricielle: soit la peau réagit de manière excessive au toucher ou à la chaleur (hypersensibilité), soit elle réagit moins que la peau normale (hyposensibilité). Ces troubles peuvent évoluer avec le temps et la rééducation.
Lambeau
Portion de peau (et parfois de muscle ou de tissu sous-cutané) qui est détachée d’une zone du corps avec son propre vaisseau sanguin, puis déplacée ou pivotée pour reconstruire une zone brûlée complexe (visage, mains, articulations). Plus technique que la greffe simple, le lambeau permet souvent une meilleure qualité et durabilité du résultat.
Pansement gras (tulle gras)
Pansement imprégné d’une substance grasse, conçu pour ne pas coller à la plaie. Il protège la surface brûlée, limite la douleur au changement de pansement et aide à maintenir un environnement favorable à la cicatrisation.
Physiothérapie/Ergothérapie
La physiothérapie vise surtout à préserver ou retrouver la mobilité, la force, la souplesse et la fonction des articulations et des muscles.
L’ergothérapie se concentre sur les gestes de la vie quotidienne, les adaptations pratiques et les appareillages (attelles, vêtements compressifs, etc.), pour aider la personne à redevenir le plus autonome possible.
Prurit
Sensation de démangeaison parfois très intense, fréquente sur la peau en cours de cicatrisation ou sur les cicatrices. Elle peut perturber le sommeil et la qualité de vie, mais des traitements existent pour la soulager.
Rééducation
Ensemble des soins, exercices et thérapeutiques (physiothérapie, ergothérapie, parfois orthophonie ou soutien psychomoteur) destinés à récupérer au mieux les capacités physiques, fonctionnelles et l’autonomie après une brûlure.
Rétraction cicatricielle
Tendance d’une cicatrice à se contracter, ce qui peut tirer sur la peau et limiter la mobilité d’une articulation ou déformer certaines zones (paupières, bouche, cou…). La prévention repose sur la rééducation, les orthèses, les vêtements compressifs et, parfois, la chirurgie.
Séquelles
Conséquences à long terme d’une brûlure après la guérison de la peau: cicatrices visibles, limitation de mouvements, douleurs, troubles de la sensibilité, difficultés psychologiques ou sociales. Les séquelles peuvent évoluer sur plusieurs années.
Surinfection
Infection qui survient sur une brûlure ou une plaie déjà existante. Elle se manifeste souvent par une douleur accentuée, une rougeur, un écoulement inhabituel, des odeurs et parfois de la fièvre. Elle nécessite une évaluation médicale rapide.
Transfert de graisse (lipofilling)
Technique où de la graisse est prélevée sur une zone du corps (par exemple le ventre ou les cuisses), puis purifiée et réinjectée dans une autre zone, comme une cicatrice de brûlure. Le but est d’améliorer la souplesse des tissus, de diminuer certaines douleurs et parfois de rendre la zone plus harmonieuse sur le plan esthétique.