Association Suisse Romande pour les victimes de brûlures

 

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Brûlures à l'eau chaude (95°)

Témoignage: Accident domestique Séquelles de brûlures à l'eau chaude (machine à laver le linge)

J'ai eu un accident à l'âge de 21 mois, j'en ai 34 ans actuellement (2005). Je me suis brûlée avec l'eau, à une température de 95° degré (et la lessive) de la machine à laver le linge. Les machines de l'époque étaient nettement moins sécurisées qu'aujourd'hui. 35% de la surface de mon corps de bébé a été brûlée. La peau de ma main droite a littéralement fondu. Mon ventre et ma cheville ont également été touchés. La jambe droite a tellement été touchée que les médecins pensaient que je ne marcherais jamais plus comme il faut. Evidemment, je ne me souviens pas de l'accident. Je pense avoir des flashes, mais il se peut que ce soit seulement des images que je me suis inventées à force d'avoir eu des explications sur l'accident.

Née avec l'aller -retour de la maison à la pédiatrie

Par contre, je me souviens des nombreuses hospitalisations à intervalles réguliers (34 en tout pour les brûlures), qui ont duré pour la plupart jusqu'à l'âge de 4 ans. J'ai subi plusieurs greffes de peau sur ma main et ma jambe. Ma main a été entièrement restructurée. L'esthétique de celle-ci n'est, ma foi, pas formidable. Mais mes cinq doigts fonctionnent. La cuisse n'est qu'une immense cicatrice, mais je marche sans problème. Mes souvenirs hospitaliers ne sont pas mauvais. J'étais si petite que je pense être née avec l'aller-retour de la maison à la pédiatrie. Peut-être même que cela fut un problème, car lorsque mon corps ne nécessitait plus d'intervention majeure, j'ai ressenti comme un manque.

«Déranger visuellement»

Devenue adolescente, j'ai dû faire face à des remarques désobligeantes, parfois difficiles à gérer. Je ne les comprenais pas, car je ne me trouvais pas si différente des autres. Mes cicatrices étaient tellement ancrées dans mon for intérieur que je ne m'imaginais pas de "déranger visuellement" certains de mes camarades. Jusqu'au jour, où, en Espagne, j'ai rencontré un garçon à peine plus jeune que moi. Il était brûlé sur le crâne, le cou et les épaules. Non seulement, je l'ai regardé, mais je pense l'avoir défiguré, voire même analysé. Je trouvais ces cicatrices tellement laides. Là, j'ai compris ce que mon corps pouvait avoir comme effet sur une personne non avertie. Il est vrai que les brûlures ne sont jamais belles... mais, finalement lorsqu'elles sont là, il vaut mieux ni les cacher, ni les mettre en évidence... Aujourd'hui, je suis animatrice pour enfants de 8 à 12 ans. Souvent, ils me demandent, avec un petit air dégoûté, ce que j'ai eu à la main et sur la cuisse (lorsque je suis en short ou en jupe). Alors, sans entrer dans les détails, je leur dis que c'est une brûlure et qu'effectivement ce n'est pas très joli à voir. Leurs petites mines dégoûtées deviennent alors des mines curieuses et après indifférentes.

Eviter la compassion

Le meilleur conseil que j'ai à donner aux parents (je remercie les miens par la même occasion) c'est de ne pas montrer trop de compassion à leur enfant brûlé. J'ai eu beaucoup de chance, car mes parents n'ont jamais utilisé l'accident comme prétexte à un caprice. Au contraire, ils ont toujours été très fermes avec moi. "Tu dois te battre contre tout....et si cet accident a ravagé ton corps d'enfant, il n'a pas brûlé ton cerveau", me disait ma grand-mère lorsque j'étais adolescente. Mes parents n'ont jamais réagi lorsqu un enfant se moquait de moi. Ils me laissaient me défendre ou ignorer "l'attaque" enfantine. Ils m'ont inscrit à beaucoup d'activités sportives malgré que mes cicatrices soient très visibles. Et enfin, lorsque mes parents m'amenaient à l'hôpital pour une nouvelle opération, ils ne pleuraient pas, ni ne se plaignaient devant moi. Je ne trouvais pas étrange d'y aller puisque eux ne me montraient rien.

Je pense que la dernière chose à ajouter est qu'il est fatigant d'expliquer à tellement de monde ce qui m'est arrivé. Presque deux fois par semaine on me demande ce que j'ai eu. De raconter les mêmes histoires m'irritent presque toujours, mais il est très important de le faire.

Février 2006

Panser les plaies repenser son identité

Grâce au soutien d'un comité de bénévoles et à l'implication de professionnels, Flavie a eu la chance de se lancer dans un projet d'envergure Projet global

Ce projet se donne comme objectif de mieux faire comprendre le vécu des personnes victimes de brûlures et le travail des équipes médicales.

Ce projet a reçu le soutien de la Loterie Romande, de la Fondation Leenards, ainsi que d'autres sponsors.

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